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La France s’apprête-t-elle à réintroduire une taxe sur les e-liquides ? Une mesure issue du précédent gouvernement Bayrou refait surface dans le cadre du projet de loi de finances 2026. Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, reste pour l’heure silencieux sur ce sujet hautement sensible.
💨 Une nouvelle taxe sur la vape dans les cartons du gouvernement ?
Alors que l’Union européenne débat encore d’un cadre commun pour la taxation des produits de vapotage, la France pourrait prendre les devants. Selon Les Échos, François Bayrou aurait laissé à son successeur un ensemble de réformes « prêtes à l’emploi », parmi lesquelles figure une taxe sur les e-liquides pour cigarettes électroniques.
Cette mesure prévoit :
3 centimes d’euro par millilitre pour les e-liquides contenant moins de 15 mg/mL de nicotine,
5 centimes d’euro par millilitre au-delà de ce seuil.
Si elle était adoptée, cette taxe s’appliquerait dès 2026, impactant directement les vapoteurs et les acteurs du marché français de la vape.
📜 Retour sur les précédentes tentatives de taxation des e-liquides
L’idée d’imposer les e-liquides n’est pas nouvelle. En 2024, le député Charles de Courson (centriste) proposait déjà une taxe de 15 centimes par millilitre, quel que soit le taux de nicotine.
Après amendement, le montant avait été réduit à 5 centimes, avant que le rejet global du budget ne mette fin au projet.
Cette nouvelle tentative, initiée sous Bayrou puis reprise par Lecornu, ravive les inquiétudes des associations et professionnels du secteur.
🗣️ Réactions de la FIVAPE, de l’AIDUCE et de Fédération Addiction
Depuis la révélation du texte, plusieurs organisations se sont exprimées :
La FIVAPE (Fédération interprofessionnelle de la vape) dénonce une mesure « injustifiée et contre-productive », risquant d’encourager le marché noir.
L’AIDUCE (Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique) alerte sur une atteinte à la réduction des risques pour les anciens fumeurs.
Fédération Addiction, quant à elle, appelle à une approche de santé publique plutôt qu’à une logique purement budgétaire.
🚭 Une politique française de plus en plus dure envers la nicotine
Cette potentielle taxe s’inscrit dans une stratégie globale de durcissement envers les produits nicotinés :
Interdiction des puffs jetables depuis 2025,
Projet d’interdiction des arômes dans les e-liquides, porté par la ministre de la Santé Catherine Vautrin,
Baisse du taux de nicotine autorisé,
Et enfin, interdiction annoncée des sachets de nicotine à compter de mai 2026.
Une politique stricte qui contraste avec les résultats positifs de la vape dans la lutte contre le tabagisme. Selon plusieurs études, la cigarette électronique a contribué à réduire significativement le nombre de fumeurs en France.
⚖️ Vape et fiscalité : un équilibre encore à trouver
Le gouvernement Lecornu devra trancher entre objectifs de santé publique et enjeux budgétaires.
La taxation des e-liquides pourrait rapporter plusieurs dizaines de millions d’euros, mais au risque d’affaiblir un secteur innovant et de pénaliser les ex-fumeurs ayant choisi la vape comme alternative.
Pour l’heure, aucune décision officielle n’a été annoncée. L’entourage du Premier ministre précise que « les arbitrages ne sont pas encore rendus », et qu’il ne sera pas question « de communiquer avant la fin des consultations ».
🔍 En résumé
Une taxe sur les e-liquides figure bien dans le projet de loi de finances 2026.
Montants envisagés : 3 à 5 centimes par mL, selon le taux de nicotine.
Le gouvernement n’a pas encore confirmé son intention de l’appliquer.
Les acteurs de la vape s’y opposent fermement, invoquant la santé publique et le risque de marché parallèle.